Continuer ou tout arrêter, il faut choisir.
A l'entrée de la gare, la tableau indique qu'il reste 15 minutes avant que le prochain train arrive, je n'ai même pas songé à regarder sa destination.
L'attente est longue, à l'entrée de la gare, des dizaines de personnes attendent avec de grosse valises, de gros sacs et leur billet à la main. Certaines se sont même endormies sur les sièges inconfortables face au tableau.
Moi, je suis sur le quai, je n'aime pas la compagnie, je n'aime pas les gens, ils me le rendent bien.
Mon appareil à la main, je traverse sans cesse les voies, je photoraphie les gens, leurs regards vides, leur impatience. Mais je photographie surtout l'immobile, ce qui ne changera jamais, ce pourquoi je fuis.
Retour dans le hall de la gare, les gens s'agitent, la voix de la SNCF annonce un train en provenance de Nantes et à destination de Paris arrivant en gare dans 7 minutes. Ca y est, mon choix est fait, je pars vers la capitale, j'aviserai quand j'y serai, j'achjeterai ma nouvelle vie, j'irai dans cette école qui me parait si bien pour moi.
Je n'aime pas les gens, pourquoi aller au guichet pour retirer un billet ? Les bornes automatiques, elles au moins, ne posent pas de questions et font ce qu'on leur demande sans se plaindre. Je retire un billet, 2ème classe, aller simple : 18¤. Pas cher pour changer de vie, recommencer à zéro.
Le train est arrivé, je saute dans le wagon. La grande majorité des gens sur le quai ne veulent pas se quitter, laissent couler une larme, font de grands sourires, de grands signes. Moi, je suis venue seule, je pars seule, je ne reviendrai pas de si tôt.
J'ai pris place dans le wagon, le train démarre, maintenant il faut que je prépare ma nouvelle vie, dans cette ville si différente, qui m'apportera tout ce que je n'ai pas ici.
